
Constitutive, de façon de plus en plus riche et complexe, des métropoles contemporaines, la diversité culturelle trouve son miroir dans un paysage urbain historiquement façonné d’usages et de traces renvoyant aux cultures multiples de ses habitants (géographiques, religieuses, générationnelles, de genres, sociales, etc.). Ces signes accumulés se posent comme éléments de différenciation tout autant que comme indices d’identités hybrides. La métropole contemporaine est ainsi mise en tension entre risque de fragmentation de son espace et de ses populations et idée d’un cosmopolitisme qui peine à trouver sa réalité pour faire sens de cette diversité. Comment la métropole contemporaine peut-elle être aujourd’hui le modèle d’un territoire posant sa diversité comme une ressource et comme source d’un renouvellement citoyen ? Quels espaces tiers nouveaux, perméables et accueillant, mettant en jeu cette diversité, peut-on imaginer ?
Au regard des transformations sociales européennes – et de celle des métropoles contemporaines, la question de nouvelles formes de citoyenneté et de vivre ensemble implique également aujourd’hui de poser la question des espaces de négociation et de fabrique collective de cette citoyenneté entre différents groupes humains toujours recomposés : sociaux, culturels, politiques, etc. Elle demande de sonder les interdépendances et les interactions, d’examiner les jeux de pouvoir à l’œuvre, de mettre à jour les tensions qui animent les acteurs et façonnent leurs espaces. De redéfinir, inventer, animer des modalités nouvelles de mise en jeu de solidarité, dialogue – notamment interculturel - au regard d'une fabrique collective, solidaire.