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Communication de la Commission
Le programme communautaire de Lisbonne (2005)
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La stratégie de Lisbonne fait de l’innovation un des pivots des politiques de l’Union européenne. L’innovation y est définie avec une forte perspective de débouchés industriels ou semi-industriels.

Ainsi de nombreuses activités culturelles, prises dans le sens traditionnel des productions artistiques, sont inscrites dans le secteur marchand. Selon Eurostat, le nombre d’emplois culturels dans l’Union des 27 est estimé à 4,9 millions, soit 2,4 % de l’emploi total (variant de 1,1 % en Roumanie à 3,5 % en Suède). Les activités culturelles et créatives représenteraient 2,3 % (ou 2,7 %) du PIB européen.

Cependant, une lecture plus approfondie de la stratégie de Lisbonne et des liens qui y sont esquissés entre société de la connaissance, innovation, société apprenante, … ouvre de nouvelles perspectives aux acteurs culturels.


Un rapport économie / culture centrée sur la cohésion et la transformation sociale

La mondialisation, notamment économique, conduit à un réexamen profond de nos rapports au travail, de nos représentations, de nos valeurs, de notre culture. Les effets économiques, sociaux et culturels interagissent et demandent de nouvelles réponses politiques.

Dans ce contexte, les acteurs culturels peuvent intervenir à deux niveaux déterminants :
- d’une part, comme facteur de confiance, le sentiment d’appartenance à une communauté apparaît clairement comme un besoin des sociétés européennes, reste à accompagner cette « fierté » d’un esprit de respect des diversités et d’ouverture au dialogue entre cultures,
- d’autre part, comme facteur d’adaptation et d’inventivité. Une société plus éduquée, plus cultivée apparaît comme plus à même de saisir le mutations économiques, techniques, sociales et culturelles d’un environnement mondialisé.


Un rapport territoire / culture facteur de créativité


Ces enjeux sont plus particulièrement à travailler sur les territoires.

La persistance de traditions culturelles fortes ne semble pas en soi garantir la capacité aux territoires, régions ou autres entités, de développer des stratégies efficientes d’adaptation.

La réussite des territoires innovants semble résider principalement dans leur capacité à gérer des réponses cohérentes permettant de saisir les enjeux immatériels (production et partage de la connaissance, lien entre culture/recherche/éducation, …) et la mise en œuvre de nouvelles solidarités sociales, économiques, interprofessionnelles et culturelles.

Le territoire apparaît en effet comme l’échelon le plus adapté au travail collectif, à la mise en œuvre des nécessaires complémentarités entre activités (clusters, districts culturels et tous systèmes productifs locaux) et de mutualisation entre acteurs (coopérative, mutuelle et tout système d’échange local).


Les enjeux de la stratégie de Lisbonne pour le secteur culturel apparaissent certes dans l’appréhension de leur impact économique. Mais peut-être plus encore, cette stratégie offre la possibilité de créer des cadres innovants de production et de mutualisation tout autant que des perspectives de réforme des impacts sociaux des activités culturelles.