D’origine franco-anglaise, elle est née en 1980 et vit à Katowice (Pologne), où elle travaille au sein de l'Institution Culturelle Ars Cameralis. Après des études de littérature comparée en France et au Canada, et un bref passage par l’événementiel sportif, elle s’installe en Pologne en 2004 et se consacre depuis à la coopération internationale.
Don't panic! We're from Poland, septembre 2008
Mai à Douchanbe, mai 2008
Perspectives poétiques, mars 2008
Ceci n'est pas le pavillon polonais, novembre 2007
Le 26 novembre 2007, le Bureau International des Expositions choisissait Yeosu (Corée du Sud) pour accueillir l’Exposition internationale de 2012. Elle était préférée aux autres candidates, Tanger et Wroclaw. A l’annonce du verdict, la déception est grande dans toute la Pologne. Le lendemain, la majorité des quotidiens titre sur cet échec. Certes, l’enjeu était grand : si l’Expo 2012 s'était tenue à Wroclaw, en trois mois, la ville aurait du être visitée par 10 millions de touristes, et l’événement aurait rapporté environ 300 millions d’euro au budget de l’Etat. Outre l’aspect financier, la déception vient du fait que Wroclaw tient une place à part dans le cœur des Polonais, et représente bien plus qu’une simple ville.
Située sur l’Oder, au centre de la plaine de basse Silésie, Wroclaw est une des plus belles et des plus actives cités de Pologne, qui a su attirer les investisseurs et a toujours joué un rôle important en Europe centrale. Face à la paresseuse Cracovie et à la chaotique Varsovie, c’est une ville excitante, vivante et pleine d’énergie. Wroclaw fait aussi exception dans le paysage politique polonais, avec une stabilité étonnante (deux maires en plus de 20 ans).
A la fin des années 90, Bogdan Zdrojewski, alors maire de la ville et actuel ministre de la culture, sollicite l’historien britannique Norman Davies pour écrire l’histoire de Wroclaw. Il pense en effet qu’une histoire objective ne pourra jamais être écrite par un Polonais ou un Allemand. Publié en 2002, Microcosm – Portrait of a Central European City devient rapidement un succès de librairie. L'auteur prend le parti de l’histoire dans une coquille de noix, faisant de Wroclaw la ville exemplaire de l’histoire d’Europe centrale. Pourtant, son histoire est compliquée, comme le montrent ses noms successifs (Wrotizla, Vretslav, Presslaw, Breslau...) Wroclaw a toujours été au cœur de terres convoitées, et est, au gré des changements de frontières, passée de mains en mains pour être finalement détruite à plus de 70% à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et définitivement rattachée à la Pologne.
Ce brassage en fait une ville ouverte. Sa vie culturelle en est le reflet. Elle dispose de nombreux monuments, musées, théâtres, universités et écoles de prestige. Elle ne se contente pas de se reposer sur la richesse de son patrimoine, et sait toujours s’ouvrir à de nouvelles initiatives. Le Festival international « Wratislavia Cantans » (42ème édition en septembre dernier) est certainement l’événement le plus prestigieux. Festival de musique à l’origine, il présente désormais, outre les formes musicales, des ballets, opéras et expositions, avec notamment des « concerts-vernissages ». La ville profite de la renommée que lui apporte ce type d’événement pour créer de nouveaux projets. Une des initiatives les plus intéressantes, s’inscrivant dans la tradition de dialogue et d’ouverture de Wroclaw, est la mise en place en 2005 du Prix littéraire Angelus (du nom du théologien et poète Angelus Silesius), qui récompense chaque année un écrivain d’Europe centrale dont l’œuvre de fiction a été publiée en polonais l’année précédente.
Wroclaw enfin a su attirer des événements ou structures nés dans d’autres villes polonaises. C’est le cas pour le Festival de cinéma « Era Nowe Horyzonty » qui a déménagé de Cieszyn en 2006, ou encore de la maison d’édition « Biuro Literackie », venue de Legnicy en 2003. Cette dernière publie une quarantaine de livres de poésie par an, et œuvre pour la diffusion de l’écriture versifiée : ateliers, lectures et rencontres, projets éducatifs dans les écoles, nouveaux médias de diffusion (Cds, T.Shirts), festival.
Ces quelques pistes ne sont qu’un aperçu des atouts de Wroclaw, mais elles montrent comment la ville a su mêler passé et futur, ouest et est, tradition et modernité. Cela fait d’elle bien plus qu’un simple lieu d’habitat, mais représente l’idée de la Pologne moderne.
Gwen Sharp, décembre 2007